Elevage, nouvelles maisons, scolarisation des enfants? le projet d'appui aux filets sociaux « Merankabandi » est en train de changer des vies. A la rencontre des familles, Batwa surtout, de la province Gitega, qui ont su améliorer leurs conditions de vie grâce à une somme de 40 mille BIF tous les deux mois, depuis environ deux ans.
Mercredi 22 avril, nous sommes dans le site des batwa de la colline Zege, commune Gitega. Une maison bâtie en murs cimentés avec un toit en tôles s'aperçoit au milieu des champs verdoyants. A côté, se trouve un champ de légumes, basé sur la nouvelle approche champ école paysan, de choux, carottes?tous légumes confondus. Aux alentours, les bananiers entourent la maison. C'est le domicile de Beate Bavumiragiye, 29 ans, l'une des bénéficiaires du projet Merankabandi (sois comme les autres) dans cette commune. Cette mère de la communauté Batwa de quatre enfants affirme que ce projet a sauvé sa famille. « Avant, nous vivions dans la misère. Je devais contracter des dettes pour subvenir aux besoins de mes enfants. Nous dormions à même le sol», raconte cette jeune maman. Bénéficiaire du projet depuis son début en 2018, elle a d'abord acheté des matelas pour offrir à la famille un logement digne. Elle s'est ensuite lancée dans l'élevage de chèvres. Et puis, la famille a acheté les terres pour cultiver. Elle exploite aujourd'hui les champs de bananes, de haricots, de légumes, etc. Aujourd'hui, Beate donne l'air d'une femme comblée. Tous ses enfants vont désormais à l'école grâce au projet. « Avant, seulement deux enfants étaient scolarisés ». A côté de cette somme d'argent, Béate Bavumiragiye affirme que grâce à la formation complémentaire sur les techniques agricoles modernes, la production a augmenté. « La famille se nourrit des légumes de mon champ. Je ne dépense plus de l'argent pour cela ». Elle peut aussi faire le commerce d'une partie des légumes pour subvenir à d'autres besoins


Plus de violences conjugales !
Dans ce même site des Batwa de Zege, Marie Nshimirimana, 45 ans, est une autre bénéficiaire du projet. Mère de quatre enfants, elle a investi dans l'élevage de porcs et de chèvres. A côté de sa maison, une petite porcherie abrite des porcs qu'elle élève depuis qu'elle est bénéficiaire du projet Merankabandi. Se laver, s'habiller, nourrir les enfants? la vie était un cassetête pour sa famille avant le projet. Elle n'arrivait même pasà acheter les semences et engrais pour cultiver. Cette maman confie qu'avant le projet, elle était maltraitée par son mari. Ce dernier l'avait même chassée, la traitant d'une « moins que rien ». Elle affirme qu'elle a passé plus de 4 ans en dehors de son foyer. Dès qu'elle commence à toucher le montant offert par le projet, (la somme du projet), elle revient au foyer. Aujourd'hui, elle affirme que la vie familiale s'est améliorée énormément. « Regardez, les enfants s'habillent bien. Ils vont à l'école, ils mangent à leur faim », lance-t-elle, avec fierté. Elle a quatre champs de haricots et une bonne production, grâce au projet Merankabandi. Cette maman de l'ethnie twa fait aussi le commerce de légumes, de l'huile, de farine, etc. Elle loue les terres à cultiver grâce à la somme mensuelle qu'elle perçoit du projet. Avant le projet, elle affirme que seul un enfant sur quatre était scolarisé. « Il a lui-même failli abandonner, car j'avais du mal à le nourrir et il n'avait pas de quoi s'habiller », témoigne-t-elle. Aujourd'hui, tous les enfants sont sur le banc de l'école. A côté de l'agriculture et de l'élevage, d'autres ont construit des maisons. C'est le cas de Xavier Sindayihebura, 35 ans, toujours dans la commune Gitega. Ce père twa de quatre enfants de la colline Rugari, zone Gitega rural, confie qu'avant le projet, il vivait sous le toit de sa belle-mère. « Mais depuis que ma femme touche l'argent mensuel du projet, nous avons pu nous acheter un terrain et nous avons construit une maison ». La famille fait aussi l'élevage de porcs. « Les enfants s'habillent bien. Ils mangent à satiété. Ils ont vraiment bonne mine », se félicite ce jeune papa.


De l'agriculture au commerce...
Bugendana est une autre commune de la province Gitega bénéficiaire de ce projet. Nous sommes sur la colline Gaterama, zone Bitare. Sur ce petit centre urbain, l'activité économique est plus ou moins développée. Plusieurs boutiques sont visibles ici et là. Bénéficiaire du projet Merankabandi, Christine Mateso, mère de six enfants, vient d'ouvrir une boutique sur la route principale de cette colline. Elle vend des vêtements pour enfants, savons, produits alimentaires, sel, huile, etc. Une activité génératrice de revenus qu'elle a créée grâce au montant de 40 mille BIF que la famille perçoit tous les deux mois. Portant un bébé dans le dos, Madame Mateso sert les clients avec enthousiasme, fière de la nouvelle vie qu'elle a commencée grâce au projet. Cette mère de la communauté Batwa affirme que cette boutique fait vivre sa famille. A côté du commerce, Christine a pu aussi investir dans l'élevage des lapins, des porcs et des poules. Avec le transfert monétaire, elle s'est acheté des houes pour cultiver. Pendant la saison culturale, elle ne peine plus à chercher de l'argent pour les semences qui sont chers. Un kilo de semences d'arachides par exemple se vend à 5.000 BIF. « Aujourd'hui, mes champs sont magnifiques. Tous mes enfants vont à l'école », déclare Madame Mateso. D'après elle, ce projet leur a ouvert les yeux. « L'on dit que les Batwa ne peuvent rien faire, ne peuvent pas se développer. Avec les différentes formations qui accompagnent le projet, nous avons ouvert les yeux ». Son mari se dit comblé. 
Il s'est acheté une moto qui aide dans l'approvisionnement des marchandises pour la boutique. Ce père confie qu'avant le projet, sa famille vivait dans une maisonnette, sans toit. Aujourd'hui, la famille loue une maison moderne. « Nous payons le loyer régulièrement, nous n'avons aucun problème avec le bailleur ».
Les cas de vol et la mendicité qui vont decrescendo, l'accès facile à l'éducation et aux soins de santé? L'administration provinciale de Gitega se montre déjà satisfaite des résultats du projet
Le projet Merankabandi soutient aussi d'autres familles vulnérables qui ne sont pas de la communauté Batwa. Concilie Sabushimike, 37 ans, de la commune Itaba, zone Gihamagara est l'une de ces bénéficiaires. Mère de cinq enfants, elle a investi dans l'élevage de chèvres, de porcs, de moutons et de poules. Elle a investi aussi dans l'agriculture d'éleusine et de maïs. C'est l'odeur de ces deux produits agricoles qui nous accueille chez elle. A l'extérieur de sa maison, le sol est tout couvert d'éleusine, étendue pour séchage. A l'intérieur, la maison est remplie de sacs d'éleusine et de maïs. La récolte a été bonne apparemment. Concilie affirme que la production agricole a beaucoup augmenté depuis qu'elle est bénéficiaire du projet. Car elle se procure facilement du fumier pour fertiliser ses champs, grâce à l'élevage. Elle a de surcroît lancé une activité génératrice de revenus. Ses champs de bananiers lui procurent de la bière de banane dont elle fait le commerce


Les administratifs louent un projet novateur
Le chef de colline Gaterama, commune Bugendana, Ronald Habonimana, reconnaît que le projet Merankabandi a sauvé des ménages bénéficiaires de cette colline qui étaient très pauvres, surtout les familles Batwa. « Ils n'avaient pas de toits. Aujourd'hui, ils ont un abri. Ils font de l'élevage ». Ce chef collinaire affirme qu'avant ce projet, il y'avait beaucoup de cas de vol sur cette colline car la population ne parvenait pas à satisfaire ses besoins fondamentaux. Mais depuis quelques temps, la donne a changé. En effet, plusieurs familles bénéficiaires ont vu leurs conditions de vie s'améliorer. « Aucun enfant ne meurt de faim. Ils vont tous à l'école et ont accès aux soins de santé ». Le gouverneur de la province Gitega, Venant Manirambona, affirme quant à lui qu'un pas très important est déjà franchi dans le développement de la population surtout bénéficiaire. Ils ont changé de mentalité et de comportement. « Et nous savons que le développement commence par le changement de mentalité. Ils ont compris l'importance de scolariser les enfants ». Avant la mise en place du projet, explique le gouverneur, les familles bénéficiaires étaient très démunies. Les demandes d'assistance à l'administration étaient plus nombreuses, d'après le gouverneur. Mais avec le projet, l'effectif a diminué ; « Car les bénéficiaires du projet ne sont plus des mendiants. 

Ils ont un capital et des activités génératrices de revenus ». M. Manirambona reconnaît que cet argent du projet est d'une grande importance non seulement pour la population bénéficiaire, mais aussi pour toute la province. Grâce au projet Merankabandi, la production agricole a augmenté. En effet, les bénéficiaires n'ont plus de problèmes pour l'achat des engrais et des semences. Ils adoptent de surcroît les techniques modernes d'agriculture grâce aux formations complémentaires qu'ils reçoivent du projet. Pour le gouverneur, les formations complémentaires sont aussi très importantes pour ces familles, qui sauront désormais gérer l'argent en faisant des épargnes, et ainsi pérenniser les acquis après le projet. 


Le projet va aussi contribuer à l'amélioration de la santé de la population, a dit le gouverneur de Gitega. Selon lui, les ménages bénéficiaires ont un accès facile à une alimentation équilibrée et à un abri sain. « Nous ne doutons point du développement des familles, de la province et de tout le pays ; car une partie de l'argent qu'ils reçoivent doit être réservée à une activité génératrice de revenus. D'ici peu, plusieurs familles vont émerger et devenir de grands commerçants, pourquoi pas, a martelé M. Manirambona ! ». 




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J'espère que ce projet apportera dans les semaines à venir ses promesses à de nombreux bénéficiaires et que l'aide apportée leur servira à améliorer leur quotidien.Michel Nyabenda - Coordonnateur du projet
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« Leta y’Uburundi yiteze ko ba Ntahonikora ashigikirwa n’Umugambi Merankabandi bova koko mu bukene, bagafungura neza, bagashobora kwivuza no kurungika abana babo kw’ishure. Ivyo navyo birasaba ko bantahonikora bagira ishaka n’inguvu vyo kuva mu bukene, bakitunganya neza kugira biteze imbere » (Ruyigi, 7 août 2018)S.E. Président de la République
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